Ritchie Dagoniaapiculteur amateur en Bretagne

Ritchie Dagonia : une année au rucher, mois par mois

Ritchie Dagonia, 63 ans, apiculteur amateur en Bretagne : voici, mois après mois, ce que je fais et ce que je surveille auprès de mes quatre ruches. Ce calendrier n'a rien d'universel. Il correspond à mon jardin, à mon climat, à mes habitudes et à mes erreurs passées ; un apiculteur à cent kilomètres d'ici ferait sans doute autrement, et il aurait raison aussi.

Janvier

Ce que je fais
Rien dans les ruches. Je nettoie le matériel, je fonds les vieilles cires, je monte des cadres neufs au chaud et je relis mon carnet de l'année passée pour y retrouver ce que j'ai déjà oublié.
Ce que je surveille
Le poids des ruches, en les soupesant par l'arrière. L'entrée dégagée après une tempête. Les débris sur le plateau, qui disent où se tient la grappe. Et les traces de pic, qui aime le bois des ruches quand le sol est gelé.

Février

Ce que je fais
Un apport de candi sur les colonies qui me semblent légères, posé un jour doux, en cinq secondes, sans regarder à l'intérieur. Je prépare les hausses et je remplace les cadres trop noirs dans mes réserves.
Ce que je surveille
Les vols de propreté dès qu'un rayon de soleil passe, et les premières rentrées de pollen, noisetier puis saule. Une ruche silencieuse et sans aucune sortie par beau temps m'inquiète ; une ruche qui rentre du pollen est une ruche qui pond.

Mars

Ce que je fais
Si un après-midi dépasse quinze degrés sans vent, une visite très rapide : je change le plancher sale contre un plancher propre et je referme aussitôt. Je pose aussi les premiers pièges à fondatrices de frelon asiatique.
Ce que je surveille
La reprise de la ponte, les réserves qui fondent vite à ce moment-là, et les colonies qui ne bougent pas quand les autres s'activent. Mars est le mois où l'on perd des ruches par excès de confiance.

Avril

Ce que je fais
La visite de printemps, complète cette fois : cadre par cadre, sans se presser. Je resserre les colonies faibles sur moins de cadres, j'agrandis les fortes, je note tout.
Ce que je surveille
Une ponte régulière, un couvain compact et bien operculé, l'absence de maladie visible, et les toutes premières amorces de cellules royales sur les colonies les plus avancées.

Mai

Ce que je fais
Je pose les hausses dès que la population le justifie. Je divise les colonies qui préparent visiblement leur départ, et je garde un carton et un drap dans la voiture au cas où un essaim se présenterait.
Ce que je surveille
L'essaimage, presque tous les cinq ou six jours. Les aubépines et les fruitiers en fleurs. Le temps, qui décide de tout : une semaine de pluie en mai peut annuler une miellée entière.

Juin

Ce que je fais
Je laisse travailler. Une deuxième hausse si la première se remplit. Je m'occupe des essaims capturés et des divisions, qui ont besoin d'une reine en ponte avant la fin du mois.
Ce que je surveille
L'espace disponible, la vitesse de remplissage des hausses, le début de l'operculation. Et la ronce, dont la floraison est ici la grande affaire de l'été.

Juillet

Ce que je fais
La récolte, un matin sec et tôt. Puis l'extraction dans la cuisine, la mise en pots, l'étiquetage à la main, et le retour des hausses léchées sur les ruches le soir venu.
Ce que je surveille
Les cadres réellement operculés, le pillage qui peut démarrer juste après la récolte si je traîne, et l'eau : par temps sec, un abreuvoir plein est aussi utile qu'une fleur.

Août

Ce que je fais
Le traitement contre le varroa, dès que les hausses sont retirées. Je réduis les entrées et je commence, déjà, à penser à l'hiver.
Ce que je surveille
Les premiers frelons en vol stationnaire, les tentatives de pillage entre ruches, et les réserves restantes après la récolte.

Septembre

Ce que je fais
Je pèse à nouveau et je nourris au sirop les colonies qui n'atteignent pas le poids que je me fixe. Je pose des pièges près des ruches et je passe du temps à l'épuisette.
Ce que je surveille
La pression du frelon asiatique, qui est à son pic. La reine doit encore pondre : ce sont les abeilles de septembre et d'octobre qui passeront l'hiver.

Octobre

Ce que je fais
Je réunis les colonies trop faibles pour hiverner seules. Je range les hausses, je mets les réducteurs d'entrée et je sangle les toits contre les coups de vent d'automne.
Ce que je surveille
Le poids, l'humidité sous les toits, et les souris qui cherchent un abri sec dès les premières nuits froides.

Novembre

Ce que je fais
Presque rien, et c'est difficile. Je range, je répare, je lis. Je fais l'inventaire du matériel et la liste de ce qu'il me manque pour le printemps.
Ce que je surveille
Les tempêtes, les toits, les sangles, les branches qui pourraient tomber. Une visite au rucher après chaque coup de vent, sans rien ouvrir.

Décembre

Ce que je fais
Un traitement hivernal quand la colonie est sans couvain, par une journée froide et sèche. Puis le bilan de l'année dans le carnet : ce qui a marché, ce qui n'a pas marché, ce que je veux essayer.
Ce que je surveille
La grappe, l'oreille contre la paroi, pour entendre ce bourdonnement sourd qui dit que tout va bien. Et la liste des formations de l'année à venir, parce qu'à 63 ans, j'ai encore bien des choses à apprendre.

Pour le reste, mes ruches, ma façon de faire et mes conseils à qui veut débuter, tout est sur la page d'accueil.